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dimanche 7 avril 2024

Analyse critique d'une interview de Sylvie Dethiollaz à propos des expériences avec Nicolas Fraisse

Voyages aux confins de la conscience. Le cas Nicolas Fraisse est paru en 2016. Fin 2023, une version illustrée a même gagné les rayons. Mais toujours aucune publication dans une revue scientifique et aucune réponse aux critiques qui ont pu être faites de certains aspects de cette étude.

La co-auteure du livre Sylvie Dethiollaz a souhaité s’en expliquer dans une interview pour la chaîne Lueur publiée le 7 avril 2024, quelques jours après que Nicolas Fraisse lui-même ait donné une interview au même endroit.

Des informations intéressantes furent partagées à cette occasion : une brève analyse s’impose.



Absence de publications


Mme Dethiollaz a confirmé qu’un parapsychologue américain (Dean Radin), enthousiasmé par leur travail à l’Institut ISSNOE/NOESIS, lui a proposé de soumettre un article scientifique dans la revue Explore (indexée dans PubMed, Q2 dans Scimago). Elle a commencé à l’écrire, mais cela ne faisait pas sens pour elle : c’était « dérisoire ». Elle ne chercherait plus à avoir de la reconnaissance. En fait, elle explique qu’elle visait des revues de très haut calibre (Nature, Science) et surtout pas des revues de parapsychologie que personne ne lit. En l’absence de juste milieu (lequel existe pourtant), point de publications scientifiques. Les livres restent le support privilégié pour diffuser ses études et leurs interprétations.


Absence de réponses aux critiques


Mme Dethiollaz se plaint d’avoir été critiquée de manière « plutôt véhémente » « par des gens qui sont dans le même domaine ». Selon elle, il aurait été « plus simple de nous appeler ». Mais cette démarche lui semble motivée par « la mauvaise foi » et « la jalousie ». 

Sans jamais donner de nom, je pense que les critiques que j’ai formulées sur ce site sont visées. En fait, je peine à trouver qui que ce soit d’autre ayant pris le temps de formuler une critique de leurs recherches. Quelle drôle de manière de faire que de régler ses comptes à l’oral, des années plus tard, par des insinuations douteuses. Il aurait été tellement plus simple de s’appeler ;-)

En 2017, quand je lui ai transmis mes remarques et questions, elle a affirmé n’avoir « absolument pas le temps de répondre en détail aux très nombreux points que vous soulevez » et s’interroger sur mes « motivations ». Il aura donc fallu attendre 7 ans pour avoir enfin accès à l’épisode suivant !


Réponse à la critique de l’opacité des enveloppes


Mme Dethiollaz repère deux critiques principales, affirmant avoir « oublié » les « petites » autres. La première est sur le manque d’opacité des enveloppes contenant les cibles. Elle explique que ce n’est pas sa faute car elle aurait préféré des enveloppes cartonnées : « ce [ne sont] pas les enveloppes réglementaires pour ce type d’expérience », admet-elle.

Cependant, le banquier Marcel Odier, mécène et concepteur principal du protocole, n’y a pas consenti car il était, selon lui, « impossible de distinguer une image » à travers l’enveloppe (kraft, comme cela a été confirmé) et que, de plus, il n’y avait « pas de sources de lumière » durant l’expérience. Or, il n’est indiqué nulle part que l’expérience se déroule dans l’obscurité absolue. Et la transparence de l’enveloppe peut s’obtenir à la fois par la luminosité et par l’humidité (ou d’autres produits chimiques). En somme ici, c’est un problème qu’elle avait anticipé, mais sur lequel elle n’a pas eu le dernier mot, tout en affirmant qu’il n’impacte que de manière marginale le protocole.

Elle oublie donc un aspect important : chaque image comportait en bas à gauche et à droite des informations cruciales (son numéro de série et trois mots censés décrire l'image, par ex. 11/T ; Attentat-11-septembre). Il ne s’agit pas de voir toute l’image à travers l’enveloppe, l’un des autres indices suffit. 


Réponse à la critique sur l’aléatoirisation


Mme Dethiollaz dit qu’on leur a reproché la procédure pour tirer au sort. Elle affirme que cette tâche était confié à l’huissier qui, manuellement, tirait d’une malle une chemise cartonnée noire comportant 1 enveloppe blanche A6 contenant 4 « photos » au format 10x15 et 4 enveloppes jaunes A5 contenant chacune une image au format 15x21. (Mme Dethiollaz avait apposé une étiquette autocollante avec le numéro de série sur chacune des enveloppes.) Ensuite, et « sans la regarder » (!), l’huissier tirait au sort l’une des images (sous enveloppe) qu’il scellait ensuite. 

La chercheuse reconnaît qu’elle disposait du matériel pour appliquer une véritable aléatoirisation, afin d’éviter certains biais évidents : l’huissier aurait pu maladroitement introduire des séquences dans les images choisies, en prenant par exemple la première du paquet, ou en essayant de simuler le hasard selon ses propres représentations de celui-ci. Toutefois, Marcel Odier aurait encore mis son véto, puisque ce contrôle ne lui semblait pas pertinent, car ce n’était pas la même personne qui avait préparé les images et qui les tiraient au sort. 

En somme, le problème est reconnu, le tort est attribué à un autre, et le biais est minimisé. Encore.

On oublie que le hasard vrai n’intervient jamais dans l’expérience puisque Sylvie Dethiollaz est responsable de la sélection non-aléatoire des images et de leur impression, Marcel Odier avait ensuite pour tâche de les insérer dans des enveloppes après les avoir mélangées manuellement.


Les critiques laissées sans réponse


Mme Dethiollaz prétend que le protocole est resté le même pendant toute l’expérience (« une fois qu’il a été défini comme ça, on ne l’a plus du tout touché »), tout en ayant expliqué dans le livre que l’huissier était si excité par les premiers résultats (analysés en cours d’expérience, par un « arrêt optionnel » qui est une pratique inadaptée de recherche) qu’il a assisté à la cinquième journée de test (19 juin 2013, 24 essais) alors qu’il connaissait les cibles ou pouvait les connaître. Il s’agit clairement d’une variation du protocole dont résulte la rupture du double aveugle.

Mais ce problème était déjà effectif car plusieurs personnes non-neutres assistaient à l’expérience : Mme Dethiollaz elle-même (à l’origine du choix des images) et Monique Odier, l’épouse de Marcel Odier. Leur présence fausse l’étude, qu’importe la probité dont elles jouissent. 

Durant l’interview, Mme Dethiollaz en donne un exemple très concret : Nicolas Fraisse ne parvient pas à comprendre son ressenti qui lui parvient sous une forme musicale. Les observatrices (ou « opératrices ») lui demandent de le fredonner et, à l’écoute, lui disent qu’il s’agit de la musique phare du film « Rocky ». Nicolas peut ensuite passer à la phase de jugement et faire le bon choix. Cette scène est paradoxale : on ne comprend pas comment Fraisse reçoit cette information pertinente, mais l’intervention des observatrices l’influencent clairement. Imaginons qu’il ait à peine fredonner un air banal sur lequel les observatrices – dont l’une au moins est déjà informée des cibles potentielles – auraient rebondi immédiatement. Elles seraient davantage que lui responsables de cette réussite. Mme Dethiollaz reconnaît donc avoir aidé Fraisse, mais « seulement une fois », sans avoir pour autant écarter cet essai des succès comptabilisés. 

Le fait que les personnes présentes puissent potentiellement aider le participant est un problème non discuté. Qu’elles le fassent volontairement (comme pour « Rocky ») ou involontairement (par leur communication non-verbale) importe peu.

Enfin, une autre critique importante n’est pas discutée…


La manipulation des enveloppes-cibles


Dans la première version du protocole, les chercheurs permettaient aux sujets de toucher l’enveloppe scellée, mais ils ont modifié cette condition dans le protocole officiel pour le rendre « plus drastique ». Mme Dethiollaz prétend ainsi que Nicolas Fraisse ne pouvait pas manipuler les enveloppes durant l’expérience, puisqu’il était constamment sous la surveillance des deux observatrices. Pourtant, il faisait des passes avec ses mains juste au-dessus d’elles (comme pour un soin énergétique). Cette configuration n’est pas la meilleure protection contre toute manipulation tactile. L’attention des observatrices pouvait aussi faire défaut (puisqu’elle devait être maintenue en continu pour des séquences de 15 minutes, 20 fois par jour). Si l’expérience doit reposer sur les capacités d’attention des deux opératrices, cela vient questionner la part du témoignage humain dans le protocole

De plus, selon le protocole, après chaque test, Fraisse devait inscrire « sur l’enveloppe-cible le nom descriptif (au maximum 3 mots), ainsi que le numéro figurant sur l’image qu’il avait choisie. Il y apposait sa signature, ainsi que les personnes présentes. » Il est bien précisé que l’enveloppe-cible est bien l’enveloppe « jaune » scellée par l’huissier. Le protocole confirme donc que Fraisse conserve l’enveloppe-cible avec lui pendant qu’il ouvrait l’enveloppe blanche avec les 4 photos. Une fois son choix fait, il écrit bien sur l’enveloppe-cible le code et les descriptifs de l’image qu’il pense être la bonne, comme le confirme Mme Dethiollaz : « il devait noter sur l’image-cible scellée le résultat ». Il a donc au minimum un contact tactile avec l’enveloppe-cible à ce moment-là.


Un choix « isolé »


Lors de son interview, Mme Dethiollaz donne également un détail nouveau sur le protocole. Selon elle, pour faire son choix à partir des 4 photos, Nicolas Fraisse devait s’isoler : « Il s’isolait pour faire son choix, tout seul ; ça c’est hyper important ». Or cet isolement n’est mentionné nulle part. Parle-t-on vraiment d’un isolement physique ? Dès lors, le participant n’entre plus dans le champ d’observation des opératrices ? Ce détail pourrait être important. En effet, le participant dispose toujours à ce moment-là de l’enveloppe-cible et pourrait la manipuler à volonté…

Si l’isolement est uniquement « mental », on ne voit pas bien comment cela éliminerait les influences des opératrices liées à l’absence de double aveugle.


Conclusion


Dans cette drôle de manière de répondre à des critiques (7 ans après leur diffusion et uniquement lors d’une interview), Mme Dethiollaz sélectionne les critiques auxquelles elle répond. Elle reconnaît des biais, mais les attribue à d’autres et en minimise les effets. Elle ne répond pas à l’ensemble de mon analyse et utilise plutôt des arguments fallacieux pour la rejeter (de la « jalousie » « véhémente » de « mauvaise foi » dont elle a oublié de « petites critiques »). Que faire ?

Encore une fois, je suis persuadé qu’aucun de ces chercheurs et encore moins Nicolas Fraisse n’a triché durant cette expérience. Mon argumentaire n’est pas une accusation de ce type : c’est une analyse « théorique » des qualités et faiblesses du protocole. En somme, c’est ce dont aurait bénéficié ce travail s’il avait été soumis à une revue scientifique à comité de lecture, puisque c’est notamment à cela qu’elles peuvent servir (au-delà de la quête de reconnaissance). Mon travail correspond donc à un peer-review ad hoc, dans une visée scientifique. 

Fuir continuellement l’avis des collègues compétents ne permet pas de s’inscrire dans une démarche scientifique. C’est mon plus grand regret que de constater la poursuite de telles pratiques polémiques, qui desservent les recherches ainsi instrumentalisées alors qu’elles sont d’un grand intérêt.


dimanche 18 juillet 2021

Hommage à Carlos S. Alvarado

Mon collègue Carlos S. Alvarado nous a quitté hier.


Carlos Alvarado, moi-même et Wellington Zangari, 2008

C'est un des parapsychologues les plus importants des dernières décennies. 

Je retiens de lui son combat intelligent contre les barrières linguistiques. Il lisait très facilement toutes les langues latines, avec une connaissance érudite. Il allait encore plus loin en faisant en sorte de créer des passerelles pour les chercheurs dont l'anglais n'était pas la langue usuelle. 

Sa profondeur historique était immense. Il travaillait à faire connaître toutes ces histoires. Je le trouvais aventureux de parler autant des conceptions énergétiques du paranormal, des auras, etc., mais il le faisait d'une façon érudite qui tissait entre elles les générations. Une véritable histoire des idées. 

Autre aspect de son style : toujours impeccablement pédagogique. Cela me semblait parfois lourd, de l'ordre du catalogue de citations et de références. En réalité, c'était un partage de savoirs extrêmement généreux. 

Nous avons très tôt commencé à travailler ensemble. Il m'a encouragé à creuser l'histoire de la parapsychologie française, m'intégrant dans les cercles des meilleurs chercheurs, m'invitant régulièrement à publier le fruit de mes efforts. Par exemple, j'ai bénéficié de son aide et de ses encouragements pour faire paraître ma petite étude sur Joseph Maxwell :

Evrard, R. (2009). Joseph Maxwell: jurist, physician, psychist (1858-1938). Psypioneer, 5(1), 21-27.

Nous avons pu nous rencontrer en 2008, dans le congrès d'Utrecht organisé par la Parapsychology Foundation, auquel il m'avait invité. 

Ensuite, nous avons régulièrement travaillé ensemble. Voici une liste de nos publications communes :

Le Maléfan, P., Evrard, R., & Alvarado, C.S. (2013). Spiritist delusions and spiritism in the nosography of French psychiatry (1850-1950). History of Psychiatry, 24(4), 477-491. [Q3]

Alvarado, C.S., & Evrard, R. (2013). Nineteenth Century Psychical Research in Mainstream Journals: The Revue Philosophique de la France et de l’Etranger. Journal of Scientific Exploration, 27(4), 655-689.

Alvarado, C.S., & Evrard, R. (2012). The Psychic Sciences in France: Historical Notes on the Annales des Sciences Psychiques. Journal of Scientific Exploration, 26(1), 117-140.

Evrard, R., Gumpper, S., Beauvais, B., Alvarado, C.S. (2021). “Never sacrifice anything to laboratory work”: The “physiological psychology” of Charles Richet (1875-1905). Journal of the History of the Behavioral Sciences, 57(2), 172-193. https://doi.org/10.1002/jhbs.22086 [Q2]

C'est clairement grâce à lui si j'ai obtenu le Book Award de la Parapsychological Association pour le livre La légende de l'esprit. Le texte de remise de la médaille était signé de sa main. Il m'a interviewé à l'occasion de la parution de l'ouvrage : 

http://psychologie-heterodoxe.blogspot.com/2016/02/interview-par-carlos-alvarado.html?fbclid=IwAR1vzYUe9QbSUE1msWEeD5W7I63V7irtQTp0qActco-OhU4VdOZnI1Z4B64

Je suis même la quatrième personne qu'il ait décidé d'interviewer sur son blog pour présenter les "personnes de la parapsychologie":

Alvarado, C.S. (2013). People in Parapsychology: IV. Renaud Evrard. https://carlossalvarado.wordpress.com/2013/11/12/people-in-parapsychology-iv-renaud-evrard/

J'ai d'ailleurs traduit de nombreux extraits de son blog, toujours très instructifs. 

En fouillant mes mails, je retrouve de sa part une lettre de recommandation pour ma tentative d'être chercheur invité à la Bibliothèque nationale de France.

Il était l'un des grands spécialistes de Charles Richet, auquel il a dédié récemment un livre qui vient guider tout chercheur et que j'ai eu l'occasion de recenser :

Evrard, R. (2020). Charles Richet by Carlos Alvarado. Journal of Scientific Exploration 34(3), 626-628. 

Carlos, avec son épouse Nancy Zingrone, m'ont soutenu partout où ils se trouvaient : auprès de la Parapsychology Foundation (Eileen Garrett Scholarship), à l'Atlantic University ou à l'AZIRE pour des exposés accessibles à tous :

Evrard, R. (2014, novembre). Clinical dimensions of psychic experiences. Online International Conference “Parapsychology and Psychology: Research and Theory”, AZIRE.

Evrard, R. (2016, février). Exceptional experiences as paradigmatic breakdowns: a clinical approach. Open online course « Parapsychology: Research and Theory », AZIRE, Parapsychology Foundation.

Nous nous étions même retrouvés sur "Second Life" dans l'équivalent virtuel de leur institut !

Ces dernières années, il publiait encore quasiment un article par numéro de revue dans Mindfield, le Journal of Parapsychology, le Journal of the Society for Psychical Research ou le Journal for Scientific Exploration. En tant qu'éditeur de Mindfield, j'en ai grandement bénéficié. Des textes toujours complets et impeccables. Responsable de sections historiques, il m'a invité fréquemment à envoyer des contributions ou des recensions. 

En somme, même si je me sens privilégié, je sais qu'il était aussi moteur et généreux avec plein d'autres chercheurs dans ce champ. Il crée du liant. Rarement un chercheur a fait autant consensus. Espérons que d'autres prennent la relève.

jeudi 8 avril 2021

Online Symposium: The Spectrum of Mind-Matter Interactions le 15 mai

 J'interviens le 15 mai 2021 sur un historique des recherches sur la psychocinèse en France, durant les années folles. Symposium de la Parapsychological Association en ligne, payant, avec d'autres exposés très intéressants à suivre !


Join us on Saturday,  May 15, 2021 (9:00am - 3:00pm EDT) in an online symposium chaired by PA Board Director Peter Mulacz at Airmeet. The PA community will explore various topics relating to mind-matter interaction research, mostly in the context of studying rare, specifically gifted individuals.

Sessions and Speakers

A Tour d’horizon of Mind-Matter Interactions Covering a Plethora of Various Phenomena

Peter Mulacz

 

The Flesh of the Mind: Grandeur & Illusions of Psychokinesis in the Metapsychics of the Roaring 20's

Renaud Evrard

 

Context and Culture : The Mental Aspect of Physical Mediumship

Zofia Weaver
 

Out of Thin Air? An Assessment of the Apport Studies Performed by Elemér Chengery Pap in Budapest

Michael Nahm

 

Mind Matter Interactions and Probabilities

Robert Pucher


 

General admission: $25
PA Members: $15

About this Symposium

While the well-known mind-body problem addresses the relation of one’s mind to one’s own physical body, parapsychology extends beyond this boundary to address the relation of one’s mind to other minds (e.g. telepathy) and to objects other than the own body, be it inanimate matter (e.g. psychokinesis, telekinesis) or other organisms (e.g. DMILS).This symposium focuses on these paranormal interactions traditionally interpreted as “mind over matter” or by others—more progressively—as “entanglement correlations”.  Many – if not all - the cases here presented occurred in the context of studying rare, specifically gifted participants.  
The symposium begins with a general overview, focuses in on various relevant case studies over multiple speakers, and concludes with a philosophical outlook informed by the results of research in micro-psychokinesis.

A virtual social lounge will be open 30 minutes prior, during breaks, and 30 minutes post-event so that attendees may connect via unstructured small group discussion around its "tables".  Other networking options will be presented at the lunch/dinner breaks, so plan to attend with your camera and microphone to meet fellow attendees.

Learn More

mercredi 20 janvier 2021

Bilan 2020 des publications et communications

Pour le Bilan 2019, voir ici ; Bilan 2018, voir ici ; Bilan 2017, voir ici.


ACL : Articles dans des revues internationales ou nationales avec comité de lecture répertoriées dans les bases de données internationales (ISI Web of Knowledge, PubMed, ERIH, PsycInfo…) (15, dont 4 en 1er auteur)


1. Rabeyron, T., Evrard, R., Massicotte, C. (accepté 2020). Psychoanalysis and telepathic processes. Journal of the American Psychoanalytical Association. [Q1]
2. Evrard, R., Gumpper, S., Beauvais, B., Alvarado, C.S. (accepté 2019). “Never sacrifice anything to laboratory work”: The “physiological psychology” of Charles Richet (1875-1905). Journal of the History of the Behavioral Sciences. [Q2]
3. Mutis, M., Evrard, R., Bacqué, M.-F. (2020). La lucidité terminale : facteur de facilitation du deuil ou de complication traumatique ? Etudes sur la mort, 154, 105-119. [Q4]
4. Evrard, R., Bacqué, M.-F. (2020). Editorial. Etudes sur la mort, n°153, 7-10. [Q4]
5. Lang, C., Léonard, J., Evrard, R. (2020). Accouchement difficile, expérience de mort imminente et nouages de la relation mère-enfant. Etudes sur la mort, n°153, 11-26. [Q4]
6. Lazrak, N., Evrard, R. (2020). L’expérience de mort imminente comme rempart face au risque psychotraumatique ? Etudes sur la mort, n°153, 27-45. [Q4]
7. Boussaert, G., Evrard, R. (2020). Les expériences de mort imminente négatives protègent-elles du psychotraumatisme ? Etudes sur la mort, n°153, 65-77. [Q4]
8. Evrard, R. (2020). Se battre ET fuir : la disjonction dans les expériences de mort imminente. Etudes sur la mort, n°153, 123-133. [Q4]
9. Keller, L., Szymkiewicz, A., Mutis, M., Evrard, R. (accepté 2020). Complaisance du hasard et expériences de coïncidences. L’Evolution psychiatrique. Doi : 10.1016/j.evopsy.2020.08.005 [Q2]
10. Frigaux, A., Lighezzolo-Alnot, J., Maleval, J.-C., Evrard, R. (accepté 2020). Clinique différentielle du spectre de l’autisme : l’intérêt de penser un “autisme ordinaire”. 83(1), L’Evolution psychiatrique. https://doi.org/10.1016/j.evopsy.2020.02.005 [Q2]
11. Evrard, R. (2020). Psychanalyses et science : essai de typologie. Le Coq-Héron, n°240, 128-136.
12. Evrard, R. (2020). Charles Richet and the emancipation of metapsychics. Journal of the Society for Psychical Research, 84(2), 93-109.
13. Frigaux, A., Evrard, R., Lighezzolo-Alnot, J. (2020). L’intérêt du test de Rorschach dans la démarche diagnostique des troubles du spectre autistique. L’Evolution psychiatrique, 85(1), 133-154. Doi : 10.1016/j.evopsy.2019.11.002 [Q2]
14. Braun, A., Evrard, R., Genot, F. (2020). Entendre des voix sans être schizophrène : impact diagnostique de l’évolution des critères du DSM-IV-R au DSM-5, à partir de deux cas. Annales médico-psychologiques, 178(5), 500-509. Doi : 10.1016/j.amp.2019.04.019 [Q2]
15. Evrard, R., Beauvais, B. (2020). Tolerance of the Unknown: Negative Capability, the Problem of Demarcation, and the Truzzi-Gardner Dialogue. Journal of Parapsychology, 84(1), 114-129. http://doi.org/10.30891/jopar2020.01.10 [Q4]


ACLN : Articles dans des revues avec comité de lecture non répertoriées dans des bases de données internationales (1)


1. Le Maléfan, P., Evrard, R. (2020). Spiritisme. In : H. Guillemain (dir.), Dictionnaire politique d’histoire de la santé, Le Mans université. http://dicopolhis.univ-lemans.fr/fr/dictionnaire/s/spiritisme.html


ASCL : Articles parus dans des revues sans comité de lecture (4)


1. Evrard, R. (2020). Boundary-work between metapsychics and parapsychology. Mindfield, 12(2), 56-65.
2. Evrard, R. (2020). Introducing the PA student mentorship program. Mindfield, 12(2), 76-78.
3. Haliday, H., Le Maléfan, P., Evrard, R. (2020). Les fausses solutions de réforme de la formation des psychologues du rapport IGAS. Psychologues & Psychologies, n°266-267, 27-31.
4. Evrard, R. (2020). The time of rejoicing. Thank you Reber and Alcock! Mindfield, 12(1), 27-30.


Directions d’ouvrage ou de revue (1)


1. Evrard, R. (2020). Les expériences de mort imminente. Etudes sur la mort, n°153.


Chapitres d’ouvrage (1)


1. Evrard, R. (2020). The naughty little children: paranormal and teenagers. In: S. Bacon, & L. Ruickbie (dir.), The cultural construction of monstruous children: Essays on anomalous children from 1595 to the present day (pp. 3-19). Anthem Press.


Recensions (3)


1. Evrard, R. (2020). Charles Richet by Carlos Alvrado. Journal of Scientific Exploration 34(3), 626-628.
2. Evrard, R. (2020). Gerda Walther’s phenomenology of sociality, psychology, and religion directed by Antonio Calcagno. Journal of Scientific Exploration, 34(3), 620-625.
3. Evrard, R. (2020). The paranormal surrounds us by Richard Reichbart. Journal of the Society for Psychical Research, 84(1), 36-40.


Communications


Communications à des congrès internationaux (0)

… covid


Communications à des congrès nationaux (3)


1. Evrard, R. (2020). Survivre à la mort ? L’ultime secours des expériences de mort imminente. Vertical Media, distanciel, 21 novembre 2020.
2. Evrard, R. (2020). Une case pour l'exception : la nosographie et les expériences exceptionnelles. Demi-journée d’étude “Schizophrénie, c’est fini !”, distanciel, 20 novembre 2020.
3. Evrard, R. (2020, janvier). De quelques amateurs de psychologie et de sciences psychiques : fondation et brève existence de l’Institut général psychologique (1899-1937). Journée d’étude “Amateurs et professionnels dans les sciences : définition et redéfinition des identités et des frontières (années 1850 - années 1950), Le Mans, Le Mans université, 14 janvier 2020.


Conférences (1)


1. Evrard, R. (2020, mai). Paranormal et sociétés : les paradoxes français. Institut métapsychique international, Paris, 15 mai 2020.


Interviews télévisée, radiophonique et presse (8)


1. Gablier, M. (2020). Ces chercheurs qui ont pensé l’invisible [Interview de Renaud Evrard]. Inexploré, n°45, 68-73.
2. Gablier, M. (2020). Paranormal : plus ordinaire qu’on ne le croit (la psychologie s’intéresse au phénomène) [Interview de Renaud Evrard]. Médecines extraordinaires, n°20, 1-4.
3. Evrard, R. (2020). Interview par Christian Page. Radio X-Files, 28 février 2020, https://radiox.com/rnc/category/radio-x-files/
4. Gablier, M. (2020). Quelle science pour étudier l’esprit ? [Interview de Renaud Evrard]. Inexploré, n°47, 54-59.
5. Perrier, B. (2020). Scientistes contre empiristes. [Interview de Renaud Evrard]. Marianne, 31 juillet au 6 août, 66-67. 
6. Evrard, R. (2020). Vers une sociologie anomalistique : le paranormal au regard des sciences sociales. Universal ORC TV Web, 1 septembre 2020. https://www.youtube.com/watch?v=4E1KkztkGzc&feature=emb_logo
7. Evrard, R. (2020). Interview. Spectres sur le track, Ouest track radio, 29 septembre 2020. https://ouest-track.com/emissions/spectres-sur-le-track-124
8. Le Corre, M. (2020). "Je ne suis pas là pour convaincre les sceptiques" : rencontre avec des chasseuses de fantômes [Interview de Renaud Evrard]. Marie-Claire, 22 décembre 2020. https://www.marieclaire.fr/chasseuses-de-fantomes-temoignages-youtube-paranormalife-la-nuit-du-chasseur-vonette,1367148.asp





lundi 2 novembre 2020

Hommage à Yolande Govindama

J'ai appris le décès, survenu le 29 octobre 2020, de Yolande Govindama, psychologue clinicienne ; psychanalyste-professeur de psychologie clinique et directrice du laboratoire PSY-NCA à l’Université de Rouen ; directrice du service PMP/OSE à Paris service inscrit sur liste d’expert auprès de la Cour d’Appel de Paris ; Experte auprès de la Cour d’Appel de Paris.


Elle a été la présidente de mon jury de thèse en 2012 (ici au centre).


Son éclairage de la psychologie interculturelle a été très précieux. 

Elle m'a soutenu par la suite, par ses nombreux conseils.

En 2014, elle participait à l'organisation du congrès international "Expériences exceptionnelles d'ici et d'ailleurs" à l'Université de Rouen. Voir ici.

Nous échangions cette année autour de sa retraite et de son colloque jubilé repoussé par la pandémie, "Traumatismes réels, cultures, santé", dans lequel je dois présenter (si le colloque est maintenu) un exposé sur les entendeurs de voix.

Elle nous manquera beaucoup.



jeudi 3 septembre 2020

Interview par Universal ORC TV Web

Une nouvelle webTV vient de voir le jour : Universal ORC TV Web. J'ai été choisi pour la lancer à travers une interview dans l'émission "Events X".  

J'y présente l'ouvrage collectif que j'ai co-dirigé Vers une sociologie anomalistique : le paranormal au regard des sciences sociales.

La réalisation est réussie ! Je vous laisse découvrir


jeudi 6 février 2020

Podcast RCN sur la "sociologie anomalistique"


RCN 90.7 FM Nora Guarinos m'a invité à participer à l'émission "Viser la lune" sur Radio Caraïbes Nancy, émission diffusée le 26 décembre 2019 et en podcast et téléchargement ici :


On y discute du paranormal en général, et de la sociologie anomalistique en particulier, à partir de l'ouvrage récemment dirigé "Vers une sociologie anomalistique : le paranormal au regard des sciences sociales".

Viser la lune

samedi 26 octobre 2019

Président de la Parapsychological Association

J'ai été élu président de la Parapsychological Association (PA) pour 2019-2021.
Cette organisation est le corps professionnel des chercheurs en parapsychologie. Il réunit quelques centaines de chercheurs et d'étudiants, selon une modalité de cooptation typique des sociétés scientifiques. Créée en 1957, elle a intégré l'American Association for Advancement of Sciences en 1969.
Après Mario Varvoglis en 2002, c'est la deuxième fois qu'un français devient président de la PA. En revanche, il est très habituel que le président soit un psychologue. Et je suis même loin d'être le plus jeune président que l'association ait connue !
Si vous avez des suggestions sur ce que vous pourriez attendre d'une telle organisation, je suis preneur de toutes les bonnes idées !
Cela doit faire une dizaine d'années que je suis membre de la PA. J'ai participé à la vie institutionnelle en tant que représentant des étudiants en 2010, puis membre du comité directeur depuis 2014 (et également secrétaire). Je co-dirige également Mindfield, le bulletin de la PA, depuis 2018. 
La PA organise un congrès annuel : le précédent était à Paris en juillet 2019, à l'occasion du centenaire de l'IMI. Plusieurs des vidéos des exposés faits au congrès sont disponibles en ligne, avec des accès privilégiés pour les membres. 
La PA soutient également la publication du Journal of Parapsychology, le journal de référence depuis 1937.

Nouveau livre sur la sociologie anomalistique et manifestations à venir

Sous la co-direction du sociologue canadien Eric Ouellet, nous avons publié cet été 2019 :


Evrard, R., Ouellet, E. (2019, dir.). Vers une sociologie anomalistique : le paranormal au regard des sciences sociales. Nancy : Presses Univeristaires de Nancy / Editions universitaires de Lorraine.


Il a fallu cinq longues années, depuis la porte ouverte par Georges Bertin dans la revue Esprit critique, pour que ce dossier sur le paranormal, concocté par des sociologues et des psychologues venus d'Allemagne, de Belgique, des Etats-Unis, du Canada et de France, se matérialise. Grand merci à Karolina Halatek pour la couverture, issu de son oeuvre Terminal

Le livre peut être commandé ici pour 14€.
Sommaire : 
Renaud Evrard et Éric Ouellet – Introduction
Chapitre 1
Gerd H. Hövelmann – Anomalistique : histoire et fondement scientifique ;
Chapitre 2
Michael T. Schetsche, Ina Schmied-Knittel, Andreas Anton – Exigences méthodologiques pour une sociologie anomalistique ;
Chapitre 3
George P. Hansen – Les forces sociales à l'œuvre en parapsychologie ;
Chapitre 4
Pierre Lagrange – Pourquoi les sociologues qui étudient le paranormal sont-ils incapables de faire de la sociologie ? Les différentes façons de (ne pas) faire de la sociologie du paranormal ;
Chapitre 5
Déborah Kessler-Bilthauer – Expériences anomales en contexte magique : le cas des clients des guérisseurs lorrains ;
Chapitre 6
David C. Vaidis – Quelques limites à l'interprétation de dissonance cognitive aux phénomènes anomaux : scientificité et résistance au changement ;
Chapitre 7
Renaud Evrard – Le choix du para-normal : expériences exceptionnelles et mouvements de réappropriation ;
Chapitre 8
Eric Ouellet – La sociologie à l'intersection de la parapsychologie : les apparitions d’el-Zeitoun ;
Chapitre 9
Jean-Michel Abrassart – Expliquer les vagues d’ovni dans le cadre du modèle socio-psychologique ;
Chapitre 10
Georges Bertin – Avalon de l’Esprit ;
Chapitre 11
Andrew Burns – Prenez garde à la Grande tromperie : religion, extrémisme politique et bataille des
croyances anomalistiques sur Facebook.
Contributeurs

Manifestations

Je vais présenter cet ouvrage, dans des cadres variés, qui me permettront de déployer quelques unes des questions auxquelles il tente de répondre.

Lundi 18 novembre, Nancy, Campus lettres et sciences humaines, studothèque Athéna, 17h-19h : Paranormal et sociétés : que nous apprend la sociologie anomalistique ?

Renaud Evrard, psychologue et maître de conférences HDR, viendra présenter l'ouvrage collectif qu'il a co-dirigé avec le sociologue canadien Eric Ouellet : Vers une sociologie anomalistique : le paranormal au regard des sciences sociales (Editions PUN / Edulor, 2019), dont le point de départ est ce constat indéniable d'une présence importante des croyances et des expériences paranormales dans toutes les sociétés. L'intérêt scientifique pour ces questions nourrit les disciplines de la parapsychologie ainsi que la psychologie anomalistique ou psychologie des anomalies. Mais comment penser le paranormal lorsqu'il prend une dimension collective, comme dans les apparitions vues par plusieurs personnes, les vagues d'ovni, les lieux sacrés, les réseaux de désensorceleurs, ou encore les groupes d'individus se réunissant autour des mêmes expériences exceptionnelles ? La sociologie et la psychologie sociale ont éprouvé certaines difficultés épistémologiques et méthodologiques pour appréhender ce sujet, qui semble à certains moins légitime que d'autres. Cet ouvrage regroupe les contributions de spécialistes internationaux pour parvenir à éclairer ce domaine complexe et fascinant.
Mardi 19 novembre, Nancy, IUT Charlemagne, 20h30-22h15 : Paranormal et sociétés : les paradoxes français

Mardi 10 décembre, Nancy : Interview sur Radio Caraïbes Nancy, émission "Viser la lune" (16h-17h30) 

Samedi 14 décembre, Paris, Institut métapsychique international, 51 rue de l'Aqueduc, 19h30-21h30 : Paranormal et sociétés : les paradoxes français

Que se passerait-il si l'on vivait dans une société où la télépathie était reconnue pour son utilité, où les fantômes étaient des conseillers familiers, où l'approche scientifique du paranormal était même enseignée à l'université ? On sous-estime fréquemment la part de la culture dans ce qui est désigné sous le vocable "paranormal". D'un pays à l'autre, ses frontières se déplacent. Mais au-delà de ce relativisme contextuel, le paranormal semble aussi moteur de "sous-cultures", de bricolages entre traditions et innovations, notamment dans le soi-disant "pays de Descartes". Question marginale voire taboue, cette "forme du sacré en transit" (Kripal, 2010) a néanmoins été l'objet de plusieurs études sociologiques. Celles-ci paraissent inévitables tant les expériences et les croyances paranormales sont partagées par un grand nombre d'individus. Dans l'ouvrage que j'ai co-dirigé avec Eric Ouellet, Vers une sociologie anomalistique : le paranormal au regard des sciences sociales (Presses Universitaires de Nancy / Edulor, 2019), nous avons rassemblé des contributions originales de chercheurs allemands, américains, belges, canadiens et français pour poser les bases, mais aussi donner des illustrations concrètes, d'une étude élargie du paranormal.